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Adoption suivant une catastrophe

Quand survient une catastrophe naturelle ou un conflit dans une région du monde, les images d'enfants qui se retrouvent seuls et les reportages que transmettent les médias ont de quoi émouvoir. Dans un geste humanitaire, on peut alors éprouver l'envie d'accueillir un de ces enfants.

Cependant, envisager immédiatement l'adoption de ces enfants n’est pas une réponse appropriée à leurs besoins et à leurs droits. En situation d’urgence, il faut éviter de précipiter les événements et de tenir un discours alarmiste et émotif. 

En effet, l’enfant non accompagné, sans proche famille et abandonné à son sort n’est pas nécessairement orphelin, du moins tant que les décès du père et de la mère n’ont pas été déclarés. Des efforts doivent d'abord être déployés pour retrouver les membres de sa famille et faire en sorte qu’il demeure dans son pays et soit élevé dans sa culture d'origine. Il faut généralement que s'écoule une période suffisamment longue avant que soit envisagée l'adoption internationale.

Rappelons que l’adoption internationale est une mesure de protection de l’enfant avant tout et donc une solution de dernier recours.

Le bien-être de l’enfant avant tout

L’adoption a de multiples conséquences sur la vie d’un enfant. Il faut donc prendre toutes les précautions qui s’imposent pour s’assurer qu'il s'agit véritablement de la meilleure solution. 

Le placement précipité de l’enfant, même temporairement, dans des pays limitrophes ou éloignés est déconseillé. Cette expérience peut se révéler traumatisante et être source de bouleversements psychologiques chez l’enfant.

Ainsi, tout doit être mis en œuvre pour que l’enfant séparé de sa famille retrouve celle-ci, même si plusieurs mois doivent s’écouler avant que la situation soit clairement établie. 

Actions sur le terrain

Les organisations internationales sur le terrain, dont l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, déploient leurs efforts pour retrouver les membres d’une même famille et tentent de prévenir les séparations. En cas de séparation, elles veillent à ce que les enfants reçoivent la protection et l'assistance dont ils ont besoin en fonction de leur âge, de leur sexe et de leurs antécédents, tout en recherchant une solution durable pour eux. 

Ces organisations font en sorte que les enfants réintègrent le plus rapidement possible leur famille, qu’ils demeurent dans leur pays et soient élevés dans leur culture d'origine. 

L’expérience démontre que bon nombre d’enfants retrouvent finalement leurs parents ou sont pris en charge par la famille élargie ou par une personne de premier plan de leur entourage ou de leur communauté.

Pour en savoir plus, consultez le site de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiésLien externe, une nouvelle page s'ouvrira..

Position du Secrétariat à l’adoption internationale

Le Secrétariat à l’adoption internationale (SAI) adhère aux lignes directrices établies par la communauté internationale prévoyant qu’en situation d’urgence, la priorité doit être accordée à la réunification des familles. 

Il faut encourager et soutenir les mesures mises en place pour protéger les enfants contre les adoptions frauduleuses. Les pays concernés ont aussi leurs propres lois et règlements s'appliquant à de telles situations. 

Outre le respect des normes internationales en matière d’adoption, l’évacuation d’enfants dans un contexte de crise soulève la question du traumatisme subi par l’enfant et celle de la capacité des familles adoptives à y faire face dans un court délai. C’est pourquoi le traitement des dossiers d'adoption dans les régions touchées par une catastrophe naturelle ou qui sont le théâtre d’un conflit politique est très souvent suspendu. 

Dans ces cas, la réaction immédiate des autorités des différents États, dont le Québec, est d’établir un contact avec leurs répondants habituels et de rester en communication afin de suivre de près la situation et de mesurer l’impact de l’événement sur les projets d’adoption en cours.