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Historique de l’adoption internationale

Origines de l’adoption

L’adoption d’enfants existe depuis longtemps. Des pratiques s’y apparentant auraient eu cours en des temps anciens alors que des populations échangeaient des enfants, notamment les Inuits et les tribus africaines. 

Dans la Rome antique, l’adoption permettait à un homme sans enfant de se procurer un héritier afin d’éviter l’extinction de sa lignée. 

Au Moyen-Âge, des enfants sont abandonnés dès la naissance et placés dans des hospices ou des crèches. L’Église tente d’éviter les abandons sur la voie publique et les meurtres d’enfants en encourageant le placement dans des établissements qui recueillent les enfants abandonnés. Le tour d'abandon est alors mis à la disposition des mères. Il s’agit d’un dispositif où sont déposés de manière anonyme les bébés, généralement nouveau-nés, pour qu'ils soient pris en charge par les établissements. Cette pratique était courante aux 18e et 19e siècles. 

Hausse des abandons

À partir de la seconde moitié du 19e siècle, des voix s’élèvent en faveur des mères et des enfants dans le besoin afin de contrer la hausse des abandons. Cependant, les abandons demeurent pratique courante non seulement au sein de la population défavorisée, mais aussi parmi la bourgeoisie. L’adoption devient une affaire familiale et locale jusqu’au milieu du 20e siècle.

Essor de l’adoption internationale

C’est au cours du 20e siècle que l’adoption s’étend à l’international. Cette situation s’explique par :

  • le développement des services sociaux et d’aide à l’enfance; 
  • la hausse du taux d’infertilité dans les pays développés; 
  • le développement et l'évolution des moyens de communication à l’échelle planétaire; 
  • l'élévation de la conscience sociale à l’égard des enfants abandonnés et sans famille. 

La Seconde Guerre mondiale et les guerres de Corée et du Viêt Nam laissent des milliers d’enfants orphelins et sans foyer. Leur adoption par des soldats et des familles américaines, canadiennes, australiennes et européennes est une réponse humanitaire à la situation des orphelins de guerre. 

À la fin des années 60 se développe un axe nord-sud de l’adoption internationale, de l’Amérique latine et de l’Asie vers les États-Unis et l’Europe. Cet axe a comme base idéologique la solidarité du monde industrialisé avec le tiers-monde. Le Nord cherche ainsi à se déculpabiliser de l’abondance dans lequel il vit en « portant secours » aux milliers d’enfants laissés pour compte dans les pays pauvres. 

À partir de 1970, la hausse du taux d’infertilité dans les pays industrialisés et une prise de conscience à l’égard des enfants dans le besoin touchés par la famine contribuent à la popularité de l’adoption internationale. Les futurs parents se tournent donc vers les agences et les intermédiaires spécialisés pour mener à terme leur projet d’adoption. 

À partir de 1990, l’effondrement de l’Union des républiques socialistes soviétiques, avec pour conséquence la création de nouveaux États, et la chute du régime roumain contribuent à la création d’un nouvel axe est-ouest. Les agences spécialisées en adoption internationale sont plus nombreuses, et l’adoption internationale connaît un essor sans précédent.

Définition de règles à respecter

En réaction à ce qui apparaît comme une exportation de masse des enfants abandonnés et orphelins des pays sous-développés vers les pays développés, l’urgence de baliser les contours de l’adoption internationale se fait sentir. 

En 1989, la communauté internationale franchit une étape importante en reconnaissant des standards de pratique pour assurer la protection des droits de l’enfant. La Convention des Nations Unies de 1989 relative aux droits de l’enfant, largement populaire auprès des gouvernements, reconnaît pleinement l’enfant en tant qu’individu et lui accorde une protection spéciale. 

Quatre ans plus tard, les préoccupations à l’égard de l’adoption internationale d’enfants s’expriment dans la Convention du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale. 

L’adhésion et la mise en vigueur de ces conventions auprès des différents pays démontrent la préoccupation et la volonté des pays signataires de mieux encadrer la protection de l’enfant et l’adoption internationale dans le respect des droits de l’enfant et dans son intérêt supérieur. 

Portrait changeant de l’adoption internationale

Statistiques mondiales à l’appui, le portrait de l’adoption internationale change. 

Bien qu’il y ait des centaines de milliers d’enfants placés en établissement dans le monde, pour la majorité d’entre eux, il n’a pas été établi de façon indiscutable qu’ils sont adoptables. En fait, la majorité d’entre eux ont un ou des parents vivants. 

Les candidats à l’adoption sont nombreux, mais le nombre d’enfants proposés à l’adoption internationale est en diminution. Il s’agit d’une conséquence directe de la volonté des pays de préserver les familles et de privilégier la famille élargie ou la communauté pour prendre soin de l’enfant.

En effet, de plus en plus de gouvernements soutiennent le maintien de l’enfant dans son pays d’origine en privilégiant l’aide à la famille et l’adoption nationale, ainsi qu’en révisant leur législation en matière d’adoption internationale. C’est pourquoi un moins grand nombre d’enfants sont confiés en adoption internationale. Les enfants en besoin de parents à l’international sont plus régulièrement issus de fratries, sont plus âgés ou présentent des spécificités médicales ou psychologiques.